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Comparatif

Curapelle ou un tableur de suivi des séances, que choisir

Le tableur est la deuxième vie du carnet. Une colonne par bénéficiaire, une ligne par séance, un onglet par forfait, et souvent un fichier partagé entre deux ou trois intervenantes d’une association. C’est gratuit, c’est immédiat, et cela répond très bien à la question du comptage. Le tableur devient un problème dès qu’il contient autre chose que des nombres, c’est à dire dès la première ligne de commentaire.

Le comparatif poste par poste

CritèreCurapellele tableur de suivi des séances
Compter les séances d’un forfaitSolde et séances planifiées affichés en continuExcellent, c’est ce que le tableur fait le mieux
Écrire un ressenti ou une précautionChamp dédié, niveau de confidentialité par blocUne cellule de commentaire que tout le monde lit
Confidentialité par bloc d’informationDu privé absolu au partageable, décidé à la saisieLe fichier se partage entier ou pas du tout
Consentement de partageRecueilli ligne par ligne, daté, révocableAucune place prévue, souvent absent
Anonymisation pour le financeurVersion statistique produite sans identitéMasquer les colonnes ne rend rien anonyme
Relecture du vocabulaireReformulation neutre proposée avant enregistrementAucune, la cellule accepte tout
Zones évitées rappelées avant la séanceAffichées en tête de la fiche suivanteIl faut penser à ouvrir le bon onglet
Plusieurs intervenantesJusqu’à six comptes avec droits de lecture séparésTout le monde voit tout, ou personne ne voit rien
Traçabilité des modificationsJournal des consultations et des versionsUne cellule écrasée ne laisse pas de trace utile
Durée de conservationFixée par catégorie de document, purge ensuiteLe fichier reste dix ans dans un dossier partagé

Le tableur est excellent pour compter, catastrophique pour écrire

Un tableur suit parfaitement un forfait: séances financées, séances réalisées, reste à engager, montant. Sur ce terrain, il n’a rien à envier à un logiciel, et une formule bien posée vaut mieux qu’une interface mal pensée. Le basculement se produit à la colonne suivante, celle qu’on appelle observations, notes ou remarques. C’est là qu’atterrissent la peau qui tire, le refus du soin du visage, la phrase sur le conjoint, et parfois le nom d’un traitement recopié d’une ordonnance.

À partir de cette colonne, le fichier change de nature. Il contient des données touchant à la santé, qui relèvent des catégories particulières de l’article 9 du règlement général sur la protection des données. Il n’a plus rien à faire dans un dossier partagé avec la trésorière de l’association, ni dans une pièce jointe envoyée par messagerie pour préparer une réunion. Personne n’a pris cette décision, elle s’est produite toute seule, une cellule après l’autre.

Masquer des colonnes n’est pas anonymiser

La manœuvre classique consiste à dupliquer le fichier, effacer la colonne des noms et envoyer le reste au financeur. Cela ne produit pas un bilan anonymisé. Dans un groupe de huit femmes suivies sur un même territoire, une date de naissance, une commune, un rythme de séances et un type de soin suffisent à reconnaître quelqu’un. Le tableur ne vous prévient de rien: il exécute ce que vous lui demandez, y compris quand vous vous trompez.

Une version statistique digne de ce nom se construit à l’envers: on décide d’abord ce que le financeur a le droit de voir, puis on n’expose que cela. Nombre de séances, répartition dans le temps, durée moyenne, type de soin de confort, cycles engagés, orientations vers l’équipe soignante. Rien d’autre. C’est ce que produit Curapelle à partir de la même saisie, sans que vous ayez à fabriquer une copie expurgée dont vous ne serez jamais tout à fait sûre.

Le partage entre intervenantes, le point de rupture

Tant que vous travaillez seule, le tableur reste gérable. Dès qu’une association coordonne trois ou quatre intervenantes, il se casse. Soit le fichier est partagé et chacune lit les notes intimes des bénéficiaires des autres, ce qui n’est acceptable ni déontologiquement ni contractuellement au regard de la clause de discrétion de votre convention. Soit il ne l’est pas, et la coordinatrice passe ses soirées à recoller quatre fichiers pour préparer un bilan.

La formule Association répond exactement à ce point: jusqu’à six intervenantes rattachées, avec des droits de lecture séparés, des trames de séance partagées et un export d’activité anonymisé prêt pour le bilan annuel. Chacune écrit ses fiches, personne ne lit les fiches des autres, et le bilan se prépare en une demi journée au lieu d’une semaine de relances.

Quand l’alternative reste le bon choix

Si vous ne suivez que des nombres, gardez le tableur. Pour piloter la consommation d’un forfait, comparer le coût d’un cycle d’une année sur l’autre ou préparer un budget de subvention, il reste plus rapide et plus souple que n’importe quel logiciel, et il ne coûte rien. Beaucoup de nos utilisatrices conservent d’ailleurs un tableur de facturation à côté de Curapelle. La règle est simple: des chiffres dans le tableur, jamais un mot sur une bénéficiaire.

Le verdict

Le tableur n’est pas un mauvais outil, c’est un outil qui n’a aucune notion de confidentialité. Il ne sait pas qu’une cellule contient une donnée de santé, il ne sait pas qui l’a lue, il ne sait pas qu’il faudra l’effacer un jour. Tant que votre suivi tient en nombres, il fait le travail. Dès que vous y écrivez une phrase sur une femme, vous avez besoin d’un support qui distingue le privé du partageable.

Questions frequentes

Puis je importer mon tableur existant ?
Oui pour la partie utile: bénéficiaires en cours, cycles engagés, soldes de forfaits et précautions déclarées encore valables. Les colonnes de commentaires libres sont reprises manuellement, parce que c’est l’occasion de les réécrire dans un vocabulaire neutre et de les répartir entre note privée et information partageable. Comptez une heure seule, deux heures pour une association.
Et si mon financeur réclame un tableur ?
C’est fréquent, et cela reste possible. L’export d’activité anonymisé se produit au format tableur comme au format document, avec les colonnes que le financeur attend: séances, cycles, durées moyennes, orientations. La différence est que ce fichier est généré à partir de vos fiches, sans identité dedans, au lieu d’être une copie retouchée de votre suivi complet.
Un tableur protégé par mot de passe suffit il ?
Le mot de passe protège le fichier, pas l’usage. Il ne dit pas qui l’a ouvert, ne sépare pas ce qui est partageable de ce qui ne l’est pas, ne trace pas le consentement de la bénéficiaire et n’efface rien au terme de la durée de conservation. C’est une serrure sur une pièce où tout est en vrac, ce qui vaut mieux que rien mais ne règle pas le fond.

Curapelle ou un tableur de suivi des séances, que choisir

Le tableur n’est pas un mauvais outil, c’est un outil qui n’a aucune notion de confidentialité. Il ne sait pas qu’une cellule contient une donnée de santé, il ne sait pas qui l’a lue, il ne sait pas qu’il faudra l’effacer un jour. Tant que votre suivi tient en nombres, il fait le travail. Dès que vous y écrivez une phrase sur une femme, vous avez besoin d’un support qui distingue le privé du partageable.