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erreurs a eviter Publié le Mis à jour le 10 minutes de lecture

Quelles maladresses de vocabulaire coûtent le plus cher en accompagnement socio esthétique ?

Les fautes qui abîment une intervention socio esthétique tiennent rarement au geste. Elles tiennent à un mot dit trop vite, à une note écrite sans accord, à un produit dont plus personne ne retrouve le nom. Cet article recense les erreurs les plus fréquentes sur le terrain et ce qu’elles coûtent vraiment.

Deux praticiennes en tenue écrue échangent autour d’une table de bois avec des fiches cartonnées et deux tasses

Cinq maladresses reviennent partout et coûtent, dans cet ordre: promettre un résultat, recopier un mot médical, écrire l’intime sans accord, mélanger le compte rendu individuel et le bilan d’activité, perdre la trace du produit employé.

Aucune ne se paie le jour même. Elles se paient trois semaines plus tard, dans un appel gênant, dans un dossier de renouvellement qui traîne, ou dans une orientation qui cesse d’arriver. C’est ce décalage qui les rend si difficiles à repérer et si tenaces.

Le reste de cet article détaille chacune d’elles: la phrase exacte qui la déclenche, ce qu’elle produit chez la bénéficiaire, ce qu’elle produit chez le financeur, et ce qu’elle vous coûte en heures et en confiance.

Promettre un résultat, l’erreur qui se paie deux fois

C’est la plus fréquente, et la plus involontaire. Elle naît d’une envie de rassurer une femme épuisée, jamais d’une intention commerciale.

Ce que la bénéficiaire entend

Vous dites que la peau va aller mieux, que la séance suivante fera du bien, que cela va se voir. Elle entend une promesse. Elle est en cours de traitement, elle attend une bonne nouvelle depuis des semaines, et vous venez de lui en donner une que personne ne pourra confirmer.

La séance suivante, la peau tire toujours autant. Ce qui s’effondre alors n’est pas le soin, c’est votre crédibilité de professionnelle prudente. Certaines femmes cessent de venir plutôt que de le dire.

La formule qui protège est plus courte: je ne sais pas ce que votre peau fera cette semaine, je sais ce que je peux vous proposer aujourd’hui. Elle ne déçoit personne parce qu’elle n’engage que vous.

Ce que le financeur lit ensuite

La même phrase recopiée dans un bilan change de nature. Une association lit une prestation de santé là où elle finançait un soin de confort. Un établissement y voit un empiètement sur le champ de son équipe soignante.

À ce moment, la convention devient fragile: elle a été signée sur un objet précis, et votre écrit décrit autre chose. Le référent qualité n’a même pas besoin d’en faire un incident, il lui suffit de ne pas reconduire.

Recopier un terme médical entendu pendant la séance

Une bénéficiaire parle. Elle nomme un traitement, un stade, un effet secondaire. L’information est arrivée spontanément, dans un moment de confiance, et elle est tentante à noter parce qu’elle explique tout.

La confidence n’est pas une source à citer

Le fait qu’une information vous ait été donnée librement ne vous autorise pas à la consigner. Vous n’êtes pas destinataire de cette donnée en qualité de professionnelle de santé, et votre fiche n’est pas un dossier de soin.

En la recopiant, vous créez chez vous un document médical sans en avoir ni le cadre, ni la protection, ni l’utilité. Vous prenez un risque pour une information que vous n’exploiterez jamais.

Écrire le ressenti, pas la pathologie

La règle de substitution est mécanique. La bénéficiaire donne une raison, vous n’enregistrez que la consigne qui en découle. Elle explique pourquoi ses pieds sont douloureux, vous notez que les pieds ne sont pas travaillés ce jour, à sa demande.

Vous perdez l’explication et vous ne perdez rien d’utile: la consigne suffit à refaire la séance à l’identique dans quinze jours. Elle a même un avantage, elle reste vraie même si la situation médicale change.

Écrire l’intime alors que rien n’a été consenti

La troisième erreur ne concerne pas le vocabulaire médical mais le vocabulaire personnel. Elle passe inaperçue jusqu’au jour où le document est lu par quelqu’un d’autre.

Le consentement de partage manquant

La scène est classique. Une coordinatrice demande un point sur une bénéficiaire. Vous rédigez quelques lignes sincères, et l’une d’elles contient un détail confié pendant la séance: une séparation, une difficulté financière, une phrase sur son corps.

Rien de cela n’avait vocation à sortir de la pièce, et rien de cela n’a été autorisé à en sortir. La révélation d’une information à caractère secret est réprimée par l’article 226-13 du code pénal, et le secret prévu à l’article L. 1110-4 du code de la santé publique s’étend à l’ensemble des personnes intervenant dans le système de santé, ce qui vous inclut lorsque vous intervenez en soins de support.

Le compte rendu qui circule trop largement

Un écrit envoyé par courriel se transfère, s’imprime, se colle dans un dossier partagé. Vous ne contrôlez plus rien après le premier envoi.

Trois habitudes suffisent à contenir cela: écrire chaque compte rendu en pensant qu’il sera lu par la bénéficiaire, nommer explicitement son destinataire unique en tête du document, et ne jamais joindre une fiche de séance à un échange collectif. La question du bon document au bon destinataire est traitée dans l’article sur le compte rendu à remettre selon ce que le financeur demande.

Confondre compte rendu individuel et bilan d’activité

Deux documents portent le même mot dans le langage courant et n’ont ni le même contenu, ni le même lecteur, ni le même régime.

Deux documents, deux destinataires

Le mélange se voit dans les bilans d’activité qui contiennent des prénoms, des âges et des situations. Dans une commune de trois mille habitants, une femme de cinquante deux ans suivie en soins de support depuis mars est identifiable par n’importe qui, même sans son nom.

La règle tient en une phrase: le nominatif reste confidentiel et ne va qu’à la personne concernée ou au dossier prévu pour lui; le bilan destiné au financeur ne comporte que des données agrégées qui ne permettent de réidentifier personne.

  • Compte rendu individuel: nominatif, détaillé, consenti, remis à un destinataire unique et nommé.
  • Bilan d’activité: agrégé, chiffré, sans prénom ni âge ni détail de situation, remis au financeur.
  • Attestation de présence: strictement factuelle, dates et nombre de séances, sans contenu de séance.

Perdre la trace du produit employé

Celle ci ne relève pas du vocabulaire mais du même relâchement d’écriture: on a fait le geste, on ne l’a pas noté.

La réaction qui apparaît le lendemain

Le téléphone sonne en fin de matinée. Une rougeur est apparue sur le dos des mains. La question est immédiate et légitime: qu’est ce qui a été appliqué hier.

Si vous ne pouvez pas répondre, trois choses se produisent en même temps. La bénéficiaire s’inquiète davantage. L’équipe soignante doit raisonner sans donnée. Et vous passez, malgré vous, pour une intervenante qui ne tient pas ses écrits.

Le lot que personne ne retrouve

Le nom du produit se retrouve parfois de mémoire. Le numéro de lot, jamais. C’est pourtant la seule donnée qui permette de remonter une chaîne quand plusieurs bénéficiaires réagissent la même semaine.

Le noter prend quelques secondes, au moment où le flacon est encore dans votre main. Reconstituer ce qui manque prend une demi journée et n’aboutit presque jamais.

Le coût réel de ces erreurs, poste par poste

Aucune de ces cinq erreurs n’apparaît dans un compte de résultat. Elles apparaissent dans votre carnet de rendez vous, six mois plus tard.

Le temps de reprise

Reconstituer une série de séances mal notées demande de rouvrir un agenda, d’appeler une coordinatrice, de recouper des dates et parfois de renoncer à une partie des informations. Ce temps n’est facturé à personne et se prend toujours sur une soirée.

Il revient à chaque échéance, parce que la cause n’a pas été traitée. Le chiffrage complet de ces heures invisibles figure dans l’article sur ce que vous coûte vraiment un cycle de séances mal tracé.

La convention non renouvelée

Une convention se reconduit sur une conviction: cette intervenante rend compte proprement. Un dossier incomplet, un bilan contenant des détails personnels ou une promesse de résultat suffisent à installer le doute.

Le refus est rarement motivé par écrit. Il prend la forme d’un budget réorienté, d’une réponse qui tarde, d’un appel d’offres où votre nom ne figure plus. Les pièces à réunir pour éviter cette issue sont listées dans l’article sur les documents à préparer avant le bilan annuel.

La confiance perdue

C’est le poste le plus lourd et le seul qu’aucun tableau ne montre. Une coordinatrice qui a vu passer un détail intime dans un écrit ne vous le dira pas. Elle orientera simplement vers quelqu’un d’autre la fois suivante.

Le circuit des soins de support est étroit dans un département. Une réputation d’intervenante discrète et rigoureuse met deux ans à se construire et une phrase à s’abîmer.

Ce qu’il faut corriger en premier

Commencez par le vocabulaire: bannissez les promesses, les termes médicaux recopiés et les adjectifs qui jugent une apparence. Poursuivez par la séparation stricte entre le document nominatif et le document agrégé. Terminez par le numéro de lot, qui est la correction la plus rapide et celle qui vous évitera la conversation la plus désagréable.

Ces trois corrections sont exactement ce que le cadrage des séances proposé par Curapelle tient à votre place: reformulation neutre suggérée au moment de la saisie, séparation automatique des deux versions de compte rendu, traçabilité des textures et des lots attachée à chaque séance.

Si vous voulez vérifier ce que donnent vos propres écrits passés dans ce filtre, demandez une démonstration ou un devis depuis la page de contact de Curapelle.

Voir la fiche de séance sur une intervention proche de la vôtre

Dites nous où vous intervenez, avec quelle structure et ce que votre financeur attend de vous : la démonstration reprend un cas semblable au vôtre et montre la fiche de séance, le consentement de partage et les deux versions de compte rendu, nominative et statistique.

Elle dure trente minutes en visioconférence, avec des données fictives. Aucune information concernant une bénéficiaire réelle ne nous est communiquée.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur et éditeur de Curapelle

Jimenez Julien

Auteur du Cahier des séances

Jimenez Julien conçoit Curapelle après avoir repris, avec des socio esthéticiennes intervenant en association, à domicile et en établissement, la trace écrite de leurs séances de confort et les comptes rendus attendus par leurs financeurs. Il rédige chaque article de ce cahier à partir des textes français et européens applicables aux produits cosmétiques, aux données de santé et à la limite non médicale du soin de confort.

Le parcours de Jimenez Julien et le travail mené auprès des praticiennes en soins de support